Actualite du Jour

13 novembre 2017

La situation socio-économique des ménages vivant dans et autour des sites miniers au Sud-Kivu


Le Centre d’Expertise en Gestion du secteur Minier (CEGEMI) de l’Université Catholique de Bukavu (UCB), en collaboration avec la coopération allemande et son Projet  Bonne Gouvernance du Secteur Minier, a organisé un atelier en vue de la présentation des résultats de l’Etude qu’il vient de réaliser dans la province du Sud-Kivu sur : «  La situation socio-économique des ménages vivant dans et autour des sites miniers au Sud-Kivu ». La présentation a eu lieu le lundi 6 novembre 2017 dans la grande Salle du Collège Alfajiri de Bukavu.

D’après  le chercheur  Gabriel KAMUNDALA BYEMBA, la présente étude cherchait à évaluer les conditions socio-économiques des ménages vivant dans et autour  de principaux sites miniers de la province du Sud-Kivu. Un échantillon de 1.672 ménages représentant un total de 10. 199 individus a ainsi été enquêté entre les mois de juillet et septembre 2016 dans 8 sites miniers majeurs dont NYABIBWE (204 ménages), NUMBI (294 ménages), LUNTUKULU (203 ménages), NZIBIRA (62 ménages), MISISI (291 ménages) et LULIMBA (55 ménages).

L’étude a mis en évidence l’ampleur de la précarité des ménages vivant dans et autour de principaux sites miniers du Sud-Kivu. La très grande majorité de ces ménages dispose des revenus souvent aléatoires, souffre des problèmes de santé récurrents. Ils vivent dans la pauvreté et sont très vulnérables aux chocs de bien-être.

Les résultats de l’étude révèlent que dans l’ensemble, plus de 6 ménages sur 10 enquêtés étaient pauvres au seuil de 1,25 $/personne/jour  et plus de 8 ménages si l’on utilise le seuil de 1,90 $. La plupart des ménages sont très pauvres et se retrouvent ainsi très en-deçà de la ligne de pauvreté. Comme conséquence directe, le coût mensuel de l’élimination de la pauvreté devient très prohibitif, avoisinant 43 $ par ménage pauvre. Les ménages agricoles et miniers sont les plus durement touchés par les mauvaises conditions de bien-être et sont les plus vulnérables aux chocs futurs.

Selon les chercheurs, il est donc primordial pour les autorités tant provinciales que nationales, ainsi que leurs partenaires au développement, de mettre en place des programmes d’intervention urgente en vue d’améliorer les conditions socio-économiques des ménages ruraux. Les conséquences d’une intervention léthargique ou insuffisante seraient catastrophiques non seulement pour les ménages concernées, mais aussi pour toute la province du Sud-Kivu. Au regard de résultats de cette étude, les responsables politiques et leurs partenaires au développement devraient investir prioritairement des ces aspects. Ces derniers ne sont ni mutuellement exclusifs ni complets et nécessitent donc d’être couplés avec d’autres programmes multisectoriels en vue d’un résultat optimal.

Investir dans le capital humain des ménages des zones rurales du Sud-Kivu. L’acquisition des connaissances est l’une de conditions préalables pour réussir et être compétitif sur le marché du travail. Les individus qui ont une bonne santé et une éducation suffisante augmentent sensiblement leurs chances de trouver un emploi mieux rémunéré.

Cette analyse a suggéré - selon les chercheurs -  que dans les sites miniers enquêtés, l’éducation n’apporte de différences notables qu’au-delà du niveau primaire. Il est donc primordial d’axer la lutte contre la pauvreté à l’amélioration du taux de fréquentation scolaire et à la réduction du taux d’abandon et de déperdition scolaires. Il faudrait de ce fait augmenter le nombre d’établissements d’enseignement primaire et secondaire dans ces zones rurales, les équiper des infrastructures adéquates. L’accès universel à l’école primaire serait un instrument important pour encourager les ménages à emmener leurs enfants à l’école.

Par ailleurs, les analyses ont montré que parmi les principales raisons évoquées par les individus malades pour ne pas utiliser les structures de santé moderne figurent les coûts exorbitants de la consultation, la désinformation et l’absence de ces structures dans les environs immédiats de l’habitation.

Notons que, cette étude a été réalisée par  Gabriel KAMUNDALA BYEMBA et Professeur Adamon NDUNGU MUKASA, chercheurs du CEGEMI de l’Université Catholique de Bukavu, appuyée par la Coopération allemande et  la Deutsche Gesellaschaft für Internationale Susammenarbeit (GIZ).

Rapport séminaire de présentation de l’étude sur la situation socio-économique.


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