Actualite du Jour

27 novembre 2017

L`Université Catholique de Bukavu face aux défis de notre temps : « L`intégration sous régionale, l`éducation à la paix et l`environnement »


C’est à travers une messe d’action de grâce et des cérémonies académiques que l’Université Catholique de Bukavu a lancé officiellement l’année académique 2017-2018, ce mercredi 15 novembre 2017 à la Cathédrale Notre-Dame de la Paix de Bukavu. Inscrite sous le thème « L’Université Catholique de Bukavu face aux défis de notre temps : l’intégration sous régionale, l’éducation à la paix et l’environnement », cette rentrée solennelle a été marquée par le lancement officiel de deux nouveaux programmes à savoir le Master en Paix et Réconciliation organisé à travers l’Institut Supérieur de Paix et Réconciliation (ISPR/ACEAC) et un diplôme de licence en Architecture et urbanisme.

Débutée à neuf heures par une procession, la messe d’action de grâce a été officiée par leurs excellences Monseigneur François Xavier Maroy Rusengo, Archevêque de Bukavu, Grand Chancelier et Président du Conseil d’Administration de l’Université Catholique de Bukavu, Monseigneur Joachim NTAHONDEREYE, Président de la Conférence Episcopale Catholique du Burundi, Monseigneur Antoine KAMBANDA , Président de la Commission Justice et Paix du Rwanda et Monseigneur Smaradge Mbonyilége, représentant de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC), entourés d’une vingtaine des prêtes, membres du personnel enseignant ainsi que de ceux proches de l’Université Catholique de Bukavu. Dans son homélie fondée autour de l’évangile selon Saint Matthieu (5, 3-12), Mgr Antoine KAMBANDA évêque du Rwanda, a expliqué à l’assemblée le mystère des béatitudes tout en remerciant Dieu de l’avènement de l’Institut Supérieur de Paix et Réconciliation voulu par l’ACEAC conformément à sa décision du 14 septembre 2011 et concrétisé en ce jour. A l’issue de la célébration eucharistique, tous les invités se sont réunis dans la grande salle Monseigneur Kaningu pour la séance académique des cérémonies de rentrée.

Prenant la parole, le Représentant des étudiants a présenté l’environnement social au sein duquel démarre cette année académique. « Face aux difficultés financières qu’éprouvent les familles, l’Université devra porter un nouveau regard sur les cas des étudiants insolvables », a-t-il souligné. Cela aiderait considérablement les étudiants en difficulté financière. L’état impraticable de la route Bukavu-Kalambo a aussi attiré son attention. Il devra préoccuper l’autorité provinciale afin de sécuriser à la fois les étudiants et les véhicules de l’Université acquis chèrement et qui d’ailleurs ne suffisent plus face à l’accroissement de la demande d’à peu près 1500 étudiants évoluant sur le site de Kalambo. L’Université a été priée d’envisager des solutions à court terme afin de pallier cette carence.

Dans son allocution, le Vice-recteur aux affaires académiques le Professeur Wenceslas BUSANE, a brossé succinctement l’année académique 2016-2017 en présentant le déroulement des enseignements, les résultats satisfaisant des étudiants – en soulignant la meilleure note obtenue par une étudiante de première année biomédicale, soit 93,4% constituant un record d’une plus grande distinction jamais obtenue – le calendrier académique, la situation du personnel enseignant et l’état de la formation avant de clore son propos par la présentation des décanats et des équipes de coordination des programmes de troisième cycle ainsi que des centres de recherche.

En exprimant les gratitudes à Dieu ainsi qu’à tous les acteurs qui concourent au développement de l’Université, monsieur l’Abbé Recteur, le Professeur Paul KADUNDU Karhamikire a prononcé le discours de politique générale. « A travers des objectifs fixés pour cette année académique 2017-2017 l’Université Catholique de Bukavu devra encore concourir davantage à la réponse aux multiples questions d’actualité juridique, économique, technologique et social, de paix et de justice, en visant inlassablement à atteindre par sa formation et ses travaux de recherche, un seuil d’excellence lui permettant d’avoir une grande visibilité, d’être compétitive et de s’inscrire de façon permanente, si pas définitive, au concert de grandes institutions universitaires, » a-t-il précisé. Pour y arriver, l’Université qui compte déjà parmi les cinq meilleurs universités de la République, devra d’ici 2019, dépasser le cadre national pour s’affirmer comme un créneau de savoir crédible à l’international, au même titre que les cent meilleures universités d’Afrique. Il revient à ses acteurs d’inscrire régulièrement cette ambition dans le contexte congolais changeant et miné par des turbulences politiques n’offrant pas suffisamment des opportunités à la mise en œuvre d’une quelconque planification opérationnelle pour matérialiser les objectifs stratégiques retenus.  La diversification des offres de formation, l’apprentissage, la fidélisation du personnel, le développement des infrastructures, la promotion des œuvres utiles au développement de l’Université doivent bénéficier pour ce faire de l’attention du Comité de Direction. Grâce aux réflexions à engager avec les acteurs et les partenaires de l’Université, les défis majeurs d’ordre financier, organisationnel et infrastructurel seront ainsi contournés. Aux étudiants, le Recteur a focalisé son intervention sur l’appel à la conscience car « l’œuvre de la formation est d’abord active avant d’être passive ». Des mesures d’encadrement et d’accompagnement plus efficace sont en étude au sein des Facultés afin d’accroître le taux de réussite et de se rassurer du niveau d’appréhension de la matière enseignée.

L’un des moments forts de la journée a été la présentation magistrale des membres du personnel enseignant sur trois thématiques. « Démocratie, paix et intégration sous régionale » par le Prof. Dr. Paul-Robain Namegabe, « L’éducation de la jeunesse à la paix » par la doctorante Alliance Kubota et « Construction, aménagement du territoire et gestion durable de l’environnement » par le Prof. Dr. Mack Cubaka, doyen de la Faculté d’Architecture et urbanisme. Le contenu desdites présentations est revenu sur le lien entre la paix, l’éducation et l’environnement dans un contexte d’instabilité dans la région des Grands-lacs, en ressortissant du diagnostic les différentes pistes de solution. L’ISPR constitue l’un des moyens susceptibles de contribuer à cette culture de la paix en quête de plus de cohésion dans la région des Grands-lacs. Monseigneur Joseph GWAMUHANYA, coordonnateur de l’ISPR a tenu dans son propos à rassurer que l’ISPR est « essentiellement le fruit de l’interface entre l’Université et la société ». Les personnes inscrites à la formation obtiennent à l’issue un Master complémentaire dans les domaines de Ressources naturelles, environnement, Paix et développement durable ; Médias, paix et conflit ; Genre, Violences sexuelles, Paix et conflits ; Bonne gouvernance, culture de paix et bon vivre ainsi que de l’Education à la paix. Prenant la parole, les différents évêques ont tour à tour remercié l’UCB pour avoir accepté d’abriter et de donner corps à cette institution combien bénéfique pour la région des Grands-lacs.

« La formation des acteurs sociaux permettra la consolidation de la cohésion sociale à l’intérieur de notre communauté, la convivialité citoyenne au sein de chaque nation des Grands-lacs et la concorde entre les peuple, une approche favorable à l’intégration régionale », a souligné Monseigneur NTAHONDEREYE, évêque du Burundi. N’ayant pas été présent suite aux contraintes logistiques, Monseigneur Marcel UTEMBI, Président de la CENCO et archevêque de Kisangani, a fait parvenir un mot qui a été lu à l’occasion. « Cette œuvre étant difficile, pour être efficace et durable, la promotion de la paix ne doit pas se limiter sur des aspects extérieurs du vivre ensemble mais doit plutôt avoir une incidence sur les personnes de faire lever une nouvelle conscience sur la dignité humaine, conscience fondée sur le principe que tout être humain est une personne sujette des droits et des obligations universelles, inviolables et inaliénables, » a-t-il écrit. L’ISPR qui voit le jour s’avère ainsi comme un don béni de Dieu, un instrument technique de recherche des voies et moyens destinées à aider l’église à asseoir une pastorale de la paix et de la réconciliation entre les peuples.

Prenant la parole, Son Excellence Claude Nyamugabo, Gouverneur de la Province du Sud-Kivu a tenu à remercier l’ACEAC et plus particulièrement l’Archidiocèse de Bukavu dont les actions dans les domaines de l’enseignement et de la santé contribuent efficacement au développement de la Province. En s’adressant aux membres du personnel ainsi qu’aux étudiants, son intervention a été axée sur la responsabilité de chacun vis-à-vis de l’Etat et l’éveil de la conscience individuelle, estimant que l’avenir de la province, du pays et de la région des Grands-lacs africains se situe dans l’enseignement. Le rôle du gouvernement provincial est d’accompagner au quotidien ce travail abattu dans la formation universitaire de futurs experts en matières juridique, économique, agronomique, médicale, technologique, de sciences sociales et d’architecture et urbanisme. Voilà pourquoi l’autorité provinciale a rassuré l’Université de son implication à chaque fois que cela s’avèrera nécessaire.

« Cette nouvelle Faculté d’Architecture et urbanisme ainsi que l’ISPR ouverts aujourd’hui, viennent contribuer tant soit peu à la mission de corriger les dérives qui caractérisent notre société en ce début du 21e siècle, c’est-à-dire apprendre aux nôtres à bâtir sur le roc afin de résister contre les pluies, les torrents et les vents d’une part et montrer la voie à suivre pour dire à l’humanité avec le Christ cette parole testamentaire ‘’Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix’’, mais non pas à la manière humaine qui la donne par les armes plutôt que par la force de l’amour », a précisé Monseigneur François Xavier dans son allocution. Comme l’a si bien souligné le Pape Jean-Paul II dans son message  pour la Journée Mondiale de la Paix 2000, « l’Eglise est, dans le Christ, « ‘’sacrement’’, c’est-à-dire signe et instrument de paix dans le monde et pour le monde ». Après avoir adressé de chaleureux remerciements, premiers partenaires et dont la volonté a entraîné la création de l’Université Catholique de Bukavu, le Grand Chancelier a exhorté les étudiants d’être assidus et d’opter pour la seule voie vers l’excellence qu’est le travail, primant sur la facilité et la médiocrité. Avant de déclarer ouverte l’année académique, le Grand Chancelier a adressé un appel particulier aux partenaires divers de soutenir l’Université face aux défis auxquels elle est quotidiennement  confrontée.

Par l’intercession de Saint Albert le Grand, qui a su concilier sagesse et science, l’Université Catholique de Bukavu a démarré une nouvelle année académique. Elle assurera une formation, du premier au troisième cycle, dans les Facultés de Sciences Agronomiques, de Droit, de Médecine, de Sciences Economiques et de Gestion, de Sciences, de Sciences Sociales et d’Architecture et Urbanisme ainsi que dans l’Ecole Régionale de Santé Publique et dans l’Institut Supérieur de Paix et Réconciliation.


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